Dec. 26, 2017

Entreprendre en 2018 : s'en sortir collectivement ?

By Maison Mahdil Photo Credit Molly Crabapple

Pour l'arrivée de la nouvelle année, la Maison vous propose un petit tour de débat sur l'entreprenariat, truffé de références pour alimenter vos réflexions de 2018.

 

Les choses se confirment, cette année encore, l’entreprenariat et son langage fleuri s’annoncent tendance. 

Alors que le gouvernement s’est lancé fin novembre 2017 dans un Tour des Startups où « on se dit tout », que le président appelle les entrepreneurs à « Make our Planent Great Again », le milieu du travail tout entier semble se mettre « en mode start-up » : l’entreprenariat serait la clef, la solution protéiforme à toutes les crises, tous les maux et tous les abandons.

 

Mais pourquoi l’aventure entrepreneuriale est-elle si souvent présentée comme la solution pour allier développement personnel et réussite sociale ? Le principal argument de ceux qui la tentent ressemble souvent à :

 

 

En effet, alors que beaucoup se contentent de saluer la croissance du nombre de créations d’entreprises, ou vous expliquent comment le faire « 15 jours posé dans son canapé », plus rares sont ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé du tout-entrepreneurial. Par exemple, a moitié des entreprises créées ne survivent pas 6 ans, une telle instabilité est-elle souhaitable à grande échelle ?

Début Décembre, l’excellent magazine Usbek & Rica et l’association Ghett’up ont organisé un Tribunal pour les générations futures, où de volubiles magistrats questionnèrent des entrepreneurs made in banlieue : « Doit-on tous devenir entrepreneurs pour s’en sortir ? »

Comme souvent lorsque l’on interroge les intéressés, le propos est riche en belles histoires et excellent conseils – d’ailleurs, le « oui » a gagné – cependant, le débat a principalement exploré la première partie de la question, plutôt que la seconde.

Reconnaissant que nous n’étions peut-être pas tous faits pour devenir entrepreneurs, qu’aimer le risque ou un peu d’aventure est nécessaire, certains belligérants ont souligné que l’injonction à l’entreprenariat n’était peut-être pas la solution idéale. Cependant, une certaine reconnaissance commune des bienfaits de l’entreprenariat sous-tendait le propos, couplée aux réussites personnelles évidentes des protagonistes, et peu de temps fût consacré à définir ce que l’on entend donc par « s’en sortir ».

C’est à ce dernier point que La Maison consacrera ces quelques lignes. Au cours de ces deux premières années d’existence, nous avons croisé de magnifiques projets, unis dans leur diversité par cette volonté de création que nous nous sommes donnés pour mission d’accompagner.

Pour chacun d’entre eux, cependant, « s’en sortir » a une définition différente :

- Pour l’un, se sera développer une activité familiale en misant sur l’humain et la transmission pour créer une niche prospère sur un marché difficile et impersonnel ;

- Pour l'autre, c’est allier la mise en valeur de savoir-faire français et le respect de l’environnement en dessinant pour les cabanes, cabanons, abris et poulaillers dont ses clients rêvent ;

- Pour eux, c’est réussir à créer une expérience unique pour 10 000 jeunes Européens et échanger avec eux sur le futur, tout en impliquant encore plus de monde en ligne ;

- Pour eux enfin, c’est se battre contre la violence et a discrimination en médiatisant des initiatives de résistance culturelle avec le travail de jeunes reporters, tout autour de la méditerranée.

A l’heure où les termes génériques semblent se généraliser pour qualifier une multitude d’émergences rendues possible par la transformation digitale, il semble crucial de ne pas oublier la diversité des réalités derrière les profils les 3,811 milliards d’internautes atteints en 2017. C’est souvent dans l’uniformisation que réside l’arbitraire et par le collectif que naissent les solutions :

 

 

Le mal-être au travail, corolaire parfois présenté comme l’une des explications de la courante révolution entrepreneuriale, a également des racines dans les transformations induites par la digitalisation des moyens de production, comme certains l’illustrent tristement.

Le dénominateur commun de l’évolution du monde du travail est cet ensemble de nouvelles possibilités ouvertes par la transformation numérique, dont la moindre n’est pas l’ouverture de l’accès la connaissance. Pour pouvoir entreprendre quoi que ce soit, deux choses paraissent essentielles : pouvoir se former et s’entourer. Cette année, nous avons basculé dans une humanité dont plus de la moitié (51%) est connectée, chacun de ces individus peut devenir porteur de solutions pour sa réalité particulière s’il bénéficie des conditions propices à ses projets.

 

 

Réévaluer ce que veut dire « s’en sortir » implique de redéfinir le travail et sa valeur, ce que l’on considère comme la réussite, loin des discours de management actuels : l’opportunité d’apprentissage offerte par internet ne doit pas devenir l’angoisse de devoir prouver sa compétitivité en permanence, la facilité induite par le monde numérique se faire dans l’abandon collectif d’une partie des travailleurs, ou de la notion de vie privée.

La maîtrise des différentes composantes de son activité est l’une des clefs de cette approche, la volonté de partager sa réussite aussi : notre planète ne supportera pas des nations où l’on souhaite à chacun de vouloir des milliards.

En 2018, nous pouvons collectivement et individuellement décider que la transformation de nos sociétés, oser un grand projet, c’est aussi oser accepter moins de compromis pour trouver des solutions qui profitent à tous.

 Eux, par exemple, emploient tous leurs chauffeurs en CDI. Eux, veulent développer une solution de fertilisation des sols sans intrants, à grande échelle. Eux, proposer des capsules de café 100% biodégradables et artisanales pour alimenter les Nespresso sans détruire la planète.

Si nous choisissons la démarche entrepreneuriale comme modèle, veillons à ce qu’elle soit vertueuse pour le plus grand nombre et que notre développement permette la survie de la collectivité. Si l’actualité récente est lisible sur un point, c’est que pour que l’ambition à court terme triomphe, il suffit que ceux qui voient loin ne fassent rien.

Pour la Maison, s’en sortir en 2018, ce sera continuer à accompagner des porteurs de projets l’inspirent, en étoffant son offre et ses équipes, pour trouver la solution sur mesure pour chaque projet.

C’est aussi continuer à s’assurer que chacun sente que son travail est justement apprécié et tirer parti de la technologie pour adapter la vie professionnelle aux réalités et envies de chacun. Nos équipes se coordonnent ainsi entre deux pays, avec de nombreux membres en télétravail, notamment à Paris et dans l’équipe Mahdil Technologies, dont Umme est devenue la première maman en novembre 2017 !  

C’est enfin, à court, moyen et long terme, faire profiter les autres de l’expérience acquise, en transformant nos réseaux en mines de ressources, de bons plans, de pistes de réflexions et d’outils pour qu’ensemble, nous rendions les projets de chacun réalisables. Et vous, choisir le collectif vous tenterait, en 2018 ?

Parlez-nous de vos talents, de vos idées, chaque histoire de création nous aide à mieux l’accompagner.

Pour finir, la Maison a envie de proposer des bandes sons pour vos créations et publie maintenant des playlists, avec notamment des titres originaux de la talentueuse Alexandra Db, notre sound designer.

Electro, rap, morceaux culte ou versions acoustiques au ukulélé, tous les styles sont la bienvenue et notre chaîne publiera vos meilleures suggestions dans ses playlists participatives : commencez dès maintenant en découvrant notre chaîne Youtube, pour que la Maison passe les fêtes en musique !